Quand j'ai commencé à écrire mes propres chansons, j'écoutais beaucoup Brassens. C'est donc un clin d'œil, une révérence, à l'un de mes maîtres, si proche de la poésie qui a baigné mon adolescence, celle du moyen âge et de la renaissance.

Plus on va vers le haut, plus grosse est la galette,
Et plus on a de chanc' qu'ell' devienne aigrelette;
Ces gens ont les mains sales, la Marie-Jeanne y chi',
Pour moi tout va très bien, je suis toujours blanchi.
En plus ils sont vicieux, l'un d'eux de sa pelote,
Alla jusqu'à m' glisser dans sa petit' culotte;
Je ne s'rais sorti d' la tir'lire où il me mit
Sans le secours d'un expert en anatomi'.
(au refrain)

Il m'arriva parfois, je sais c'est plutôt moche,
Que deux gros mercanti me traîn'nt de poche en poche,
Comm' ce marchand d'arm's et son ami général
Qui m'avaient associé à leur jeu immoral.
Un seul vendait à l'autre, mais moi j'avais la chance
En tant qu' menu' monnaie, d' leur arrondir le change
Tantôt de revolvers, de lanc's ou de canons,
Et tantôt d' hôpitaux où ils collaient leurs noms.
(au refrain)

Plus vif que l'Arlequin, j'offre à la comédie
La "géronite aiguë", ma nouvell' maladie;
Ils gèrent tous leur vie, leur traintrain, leur ronron,
Les femm’s gèr'nt leurs maris, et eux leurs ballons ronds.
Et quand on ne gèr' pas, Madame, on négocie
Ses courbes ou ses virages et avec minutie ;
Ai-je tant de pouvoir que tous ces pauvres mots
Viennent se fair' dorer dans mes fonts baptismaux.
(au refrain)

Des petits sous planqués, longtemps j'ai m'né la gilde
Dans le porte-monnai' d'une veuve rothschilde;
L'aut' jour, qu'est c' qu'i lui prend, ell' qui ne donne rien,
Un gueux: "T'as pas cent ball's?", ell' me jette au vaurien.
Et voilà qu'sous un pont, tout flageolant mon homme
Tartine un paroissien qui célébrait un somme;
À peine de mes tournées, je retrouvais le goût,
Que déjà je roulais, roulais dans un égout.
(au refrain)

Humains, ne riez pas si je suis dans la fange,
Là-haut, j'en suis certain, mes p'tits copains s'arrangent
Pour que tout l'or du monde attise votre émoi,
Pour que vous soyez plus dans la merde que moi.
Et là je sais qu'un jour, à la petit' cuillère
On viendra m'ramasser, on me mettra sous verre
Dans un gentil musé’ où vous viendrez me voir,
Et vous paierez cent sous d'entrée, plus le pourboir'.

Bernard Revel, chant, guitare acoustique
Tony Bonfils, contrebasse
Jacky Tricoire, guitare acoustique

Le p'tit sou

C'est injust' on n' sait pas, avant d'venir au monde
Si not' figur' sera tordue, carré’ ou ronde,
Si nos mensurations seront normalisé's
Dans quell' catégori' on s'ra socialisé;
À la sorti' du four qui me donna naissance,
Hélas, je fus frappé d'un' cruelle impuissance
Quand dans ma nudité, j'ai tout de suit' compris
Que Vulcain m'avait gravé de son plus bas prix.

(Refrain)
J'suis un sou, rien qu'un sou,
Un tout p'tit sou d'rien du tout,
Un' p'tit' pièce plate et ronde
Qui sans cesse vagabonde
Et met l' mond' sens dessus d' sous.

"Ne t'en fais pas, pitchou", me dit un pont de pierre,
"Moi qui, depuis mille ans, enjambe ma rivière,
Ils m’ont collé sur cinq, cinq euro de papier
Que l'on va plier, tordre et même falsifier;
Toi, de métal très dur, peu cher(e), quoi que tu fasses,
Bientôt tu n' sauras plus où donner de la face,
Contre l'ennui, le temps, tu seras le plus fort,
Tu n'iras pas moisir au fond d'un coffre-fort!"
(au refrain)

J'ai connu les bouseux et leurs vieux bas de laine,
Mais j'aim' pas l' pet d' lapin, qu' a trop mauvaise haleine,
Je préfèr' les bourgeois et leur sens du crédit,
Car ils ont fait de moi l'ang' de leur paradis.
Mais il advient parfois, revers de la médaille,
Qu' huissiers et avocats se mêl’ nt de leur chamaille;
L'argent n'a pas d'odeur, ceux-ci en ont bien trop,
J' fais comm' un' allergi' aux relents magistraux.
(au refrain)



Warning: mysql_connect() [function.mysql-connect]: Access denied for user 'bernardrevel.com'@'88.190.253.51' (using password: YES) in compt_in.php3 on line 6
erreur acces Mysql