Cette chanson n'est pas auto biographique. Si, cette fois, je suis tombé amoureux, c'est des embruns poétiques de la météo marine. Je suis donc plus près de Boby Lapointe que de Jacques Brel.

Deux heur’s, mais t’es où, Marine,
Là, à la table voisine
Des marins de sud-Irland’,
Si moi j’ai un grain, ô rage, eux
I’ sont heureux,
I’ vont chantant, i’ vont hélant...
Je suis amer, fort agité’
Depuis que toi, t’as déserté
Le navir’ conjugal.
Qui sait où t’as fait ton escal’
Où est (-ce), eh goss’
Qu’ tu fais ta noc’.

Six heur’s, mais t’es où, Marine,
Ch’uis viré d’ chez Mélusine,
Seul, mais que temporair’ment,
J’ retrouv’ à quai mon vieux rafiot,
A la radio,
Y’a un bull’tin qu’est terrifiant:
Menac’ d’ ouragan, de cyclon’,
Déjà mêm’ près, vision par zon’s,
Tonnerre, tempête, rafal’,
Faut pas sortir qu’i’ dis’nt, que dall’,
J’ai mon étoile, mon seul repère
Je perds la fille, je prends la mer.


Bernard Revel, chant, guitare acoustique
Tony Bonfils, contrebasse
Jacques Bretaudeau, accordéon

Mais t'es où, Marine

Vingt heur’s, mais t’es où, Marine,
Ch’uis au café Mélusine
Seul, émouvant, fraîchissant.
Oh toi t’as mis l’ cap; finis, t’err’s
Dans l’adultèr’
Et moi le survivant tournant;
Tournant nord-est, tournant sud-ouest,
Se demandant sans cesse où est (-ce)
Que t’es passée, chacal,
Nord Baléares, sud Portugal
Ou Pas d’ Calais,
Dis, s’il te plait.

Dix heur’s, mais t’es où, Marine,
Le garçon sort d’ la cuisine
Un filet de bar fumant;
J’ préfèr’ la bièr’ du bar au mètr’
Car mon mal-êtr’
Pas mollissant, mais menaçant
Déchaîn’ mes précipitations.
J’ veux boir’ contre ma dépression
1001 hectos... Pascal
Sers-moi plutôt du tropical,
De l’antillais,
Sec, s’il te plait.



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